28 juin 2009 Ã 22:12 - @883 Publié dans
Geekguru
Vous vous souvenez de ce Mac?
Il s’agit du tout premier iMac, aussi appelé iMac Bondi Blue. Il marquait le retour de Steve Jobs à la tête d’Apple en 1998. Surtout, ce petit bonbon, destiné au grand public, était vendu… sans lecteur de disquette. Une hérésie à l’époque, qui avait valu beaucoup de quolibets à Apple et le dédain du monde PC, pour qui la disquette restait vitale. Dans les faits, Apple avait oeuvre de pionnier visionnaire. Car aujourd’hui, qui utilise encore les disquettes? Moi, j’en fait des porte-clés pour les clés de la salle informatique. Ainsi, impossible qu’un collègue les emporte dans sa poche.
Quelle était l’alternative proposée par Apple? En tous pas pas le CD, si peu pratique pour graver et transférer des documents. Du reste, l’iMac n’avait qu’un lecteur. Pas de graveur. Par contre, par défaut, l’iMac était équipé d’une prise Ethernet. Apple avait déjà misé sur le réseau et sur Internet pour échanger les informations.
Apple a ensuite confirmé sa tendance avec ses machines suivantes, comme avec le PowerMac G3 Blue/White.
Une bien belle machine, pour l’époque, qui m’avait coûté un bras. Mais sa conception avait été pensée avec des standards encore utilisés aujourd’hui: USB, FireWire, Ethernet. Mon G3 tourne toujours et est toujours utilisé pour certaines applications.
Aujourd’hui, il semblerait bien qu’Apple aie décidé d’avoir la peau du DVD. Avant de voir comment, voyons déjà pourquoi…
Le CD est un support en perte de vitesse. L’industrie du disque sait de quoi on parle. Le DVD, avec ses ridicules 4.7 Go l’est aussi. Il offre surtout aussi peu de souplesse à l’utilisation que le CD en son temps: support fragile, temps d’accès peu avenants, lenteur de la gravure, manque de souplesse en cas d’écritures multiples, espace de stockage fixe (4.7 Go), grosse consommation électrique, mais surtout, taille imposante du lecteur.
Ce dernier point est important. En effet, même si les dernières générations de lecteurs ont perdu en épaisseur d’une manière impressionnante, la largeur reste conditionnée au diamètre du DVD, soit 12 cm.
Si on regarde les entrailles du dernier Macbook Pro 13» d’Apple, on constate que le lecteur DVD gaspille une place énorme, alors même que la carte-mère a une surface à peine supérieure au lecteur DVD.
Or, dans un portable, chaque centimètre carré est précieux. Surtout quand on peut y loger des batteries pour augmenter l’autonomie. Le lecteur DVD passe donc pour une relique. Il suivra ainsi le destin du CD: la généralisation du mp3 va ainsi rendre le CD aussi incongru sur une chaîne stéréo qu’une baleine bleue sur la Place Rouge.
Déjà aujourd’hui, la généralisation des clés USB et des connexions réseau rend l’usage du CD ou du DVD rare. La clé USB est aujourd’hui une technologie mature, universelle, qui offre de grand avantages: petite taille, solidité (relative, d’accord. En attendant, certaines de mes clé ont survécu sans problème à la machine à laver ou à un séjour de plusieurs jours dehors, sous la pluie), grande variété de taille (les clés de 32 Go sont aujourd’hui courantes, et on en trouve de 128 Go, au prix de l’uranium enrichi) et prix des plus raisonnables (les 32 Go se négocient pour moins de 100 CHF). Elles ont par contre le défaut de ne pouvoir fonctionner qu’avec un port USB, et d’avoir ainsi un connecteur relativement épais et encombrant.
Alors, existe-t-il un autre support à même de remplacer les clés USB et les DVD? Apple apporte sa propre version de la solution, avec sa propre vision du futur (et la vision du futur d’Apple a souvent furieusement tendance à être la nôtre… et j’ai des preuves!). Les derniers Macbooks Pro 13» et 15» sont livrés avec un port SD. SD? WTF?
Déjà, le port SD des Macbooks Pro ressemble à ceci:
Comme indiqué sur l’image ci-dessus, provenant du site d’Apple, le port SD reçoit des cartes SD (pour Secure Digital). Ces cartes, initialement développées par SanDisk, sont des petits supports de données, fonctionnant sur le même principe que les clés USB. Elles ont un avantage certain sur les autres supports: leur taille est faible, surtout au niveau de l’épaisseur.
La taille de ces cartes, le fait que le format ne soit pas propriétaire, ainsi que son prix toujours plus avantageux que les CompactFlash ou les Memorysticks de Sony ont en fait la solution de choix pour le stockage des fichiers dans les appareils de photos numériques ou les camescopes. Avec les nouvelles cartes SDHC, on peut stocker jusqu’à 32 Go de données sur une carte. La norme SDXC, annoncée en janvier, promet des cartes SD jusqu’à 2 To…
Sachant que ces cartes se retrouvent dans un très grand nombre d’appareil audio, photos et vidéo, sachant qu’elles sont appelées à évoluer rapidement, qu’elles sont à la fois solides, petites et pratiques, aurait-on trouvé la panacée du support de données? Apple semble nous le suggérer… d’autant que les Macbook Pro pourront démarrer à partir d’un système présent sur ces cartes.
Une nouvelle fois, Apple n’a rien inventé. Cela fait des années que des portables PC embarquent un lecteur de carte SD. Mais Apple sera-t-elle la première à en généraliser l’usage et à supprimer en contre-partie le lecteur DVD, comme elle l’a fait pour le lecteur de disquette? Si oui, les solutions techniques imposées par Apple sont souvent celles qui sont ensuite reprises par l’industrie informatique.
La carte SD aura la peau du DVD. Du moins, je le souhaite. Mais cela amène quelques réflexions.
Premièrement, l’énorme succès des clés USB, malgré la prédominance d’Internet et des liaisons sans fil, montre qu’un support physique est non seulement utile, utilisé, mais aussi indispensable. Il reste encore à définir quelle sera le prochain standard à être abondamment utilisé et diffusé. Actuellement, on commence à trouver certains fils, logiciels ou jeux sous forme de clés USB. A l’avenir, une carte SD sera-t-elle suffisante?
Deuxièmement, Apple et les autres acteurs de l’industrie informatique n’ont rien inventé en utilisant de la mémoire NAND, celle qui est utilisée dans les supports à base de puces. Les écrivains cyberpunk, tels William Gibson ou Bruce Sterling en parlent depuis bien longtemps dans leurs écrits. Ainsi, dans
Neuromancer, Gibson parle de
chips comme d’un support de mémoire (qui dans ce cas, peut directement se l’introduire dans la tête:
Larry took a flat plastic case from the pocket of his red sport shirt and flicked it open, slotting the microsoft beside a dozen others. His hand hovered, selected a glossy black chip that was slightly longer than the rest, and inserted it smoothly into his head. His eyes narrowed. « Molly’s got a rider,» he said, « and Larry doesn’t like that.»
Gibson a une sorte de don, qui lui permet de sentir dans quelle direction s’oriente la technologie. Dans sa première trilogie, communément appelée
Sprawl Trilogy, il imagine une humanité équipée d’interface neurale pour se connecter au réseau, qu’il appelle la Matrice. Les humains ont aussi toutes sortes de prothèses cybernétiques… et des puces de mémoire. La trilogie date quand même du milieu des années… 80. Dans son dernier roman, Gibson se rapproche plus de notre époque… et prévoit une explosion de l’utilisation de la géolocalisation et de la
réalité augmentée.
A propos de réalité augmentée, je vous conseille cette petite vidéo: http://www.dailymotion.com/video/x36azw_life-20_creation