Précédemment, lecteur fidèle (et celui qui ne l’est pas cherchera lui-même où), je t’ai déclaré que ma commune était radine. Ce qui cumulé à un canton pingre donne un résultat navrant.
Prenons le cas des poubelles. Ma commune applique le principe du pollueur-payeur. Non pas en vertu d’une quelconque idéologie écologiste, mais bien parce que ma commune pour l’art de l’avarice au point de rendre Arpagon presque sympathique. Comme dans toute commune suisse, je paie la taxe poubelle, soit 90.- par an, soit 60 €. Dans ma précédente commune, cela prenait en charge l’élimination de mes ordures, leur ramassage et la gestion (quelque peu champêtre) de la déchetterie. Ici, pour 90.-, je n’ai qu’un accès à la dêchetterie. Et pour les sacs à ordure? Chaque sac de 35 litres est taxé 1.55.- (soit 1 €). Et à ce prix, t’as pas le ramassage. C’est à toi d’apporter tes sacs à la dêchetterie. Tu veux te la faire écologique, trier tes dêchets et vivre sans voiture? T’oublie! Sans voiture, impossible d’accéder à la dêchetterie. Affréter un camion pour faire le tour du village pour ramasser les ordures, au lieu d’avoir un défilé de dizaines de voitures qui bouchonnent à l’entrée de la dêchetterie deux fois par semaine pour jeter deux sacs? Oublie aussi. Evidemment, au niveau écologique, un camion pollue moins que ces centaines de voitures. Mais le camion, c’est la commune qui paie. L’essence des voitures, c’est pas la commune.
Vu le prix des sacs, ben évidemment, on trie. A tout va. Le problème, c’est que le papier est simplement stocker dans un grand container en attendant son évacuation. A la portée de tous (et de tous les vents). Du coup, ça n’encourage pas à recycler certains papiers sensibles, comme les papiers de banque, certains documents administratifs,… On peut les jeter dans les sacs à ordures, certes. Le problème, c’est que comme il n’y a pas de ramassage avec une élimination en incinérateur immédiat, les sacs à ordures sont stockés dans une benne attenante à celle du papier. Pratiquement en libre accès aussi.
Alors comme bien des villageois avant moi, j’ai fini par m’équiper d’un broyeur à papier. Parce que ma commune est trop radine pour éliminer efficacement mes ordures.