mar 192011
 

00.lc est un nouveau service gratuit pour raccourcir ses URL.

Permettez-moi de partager avec vous l’historique du projet 00.lc et ses tenants et aboutissements. Ainsi, si un jour je deviens le nouveau Bill Gates, le nouveau Bouddha ou le nouveau Maître du Monde, mes biographes auront un peu moins de travail. Mis à part mon égo démesuré, il s’agit surtout d’une anecdote intéressante à ressortir durant les cours d’informatique; car elle démontre comment Monsieur Toutlemonde (futur Maître du l’Univers) peut, à partir d’un fait divers, monter un projet Internet en quelques jours. En fait, cela jette un éclairage sur certains aspects méconnus d’Internet et de sa complexité.

Genèse

Je possède un compte Twitter depuis plusieurs années; mais je n’en suis un utilisateur assidu que depuis quelques mois. Le nombre de caractères étant limité à 140 dans les tweets, il est d’usage d’utiliser des URL shortners, soit des raccourcisseurs d’adresses, tels que bit.ly, sans doute le plus utilisé de nos jours.

Si le siège de bit.ly se trouve à New-York, il faut néanmoins savoir que les noms de domaines en .ly sont ceux de la Lybie. Or, depuis quelques temps (plus de 40 ans, en fait), la Lybie et en particulier son régime politique n’on pas très bonne réputation, sauf si on est dans l’industrie pétrolière.
Le fait d’utiliser bit.ly ne m’est jamais apparu comme étant un blanc seing moral personnel envers le régime lybien. Je m’en accommodais fort bien (comme de toutes mes petites trahisons morales). Mais cela a changé, suite à quelques événements:

1. La censure. Récemment, la Lybie a, sans avertissement, supprimé le nom de domaine vb.ly, car cet URL shortener était exploité par Violet Blue, écrivain et chroniqueuse « sexe ». La cause: « because the content of our website, in their opinion, fell outside of Libyan Islamic/Sharia Law. (ref: http://00.lc/phttp://00.lc/q et http://00.lc/r). Qu’on approuve ou pas Violet Blue, c’est purement et simplement de la censure. Cela fait surtout peser une menace sur tous les URL shortener en .ly. Or, ce qu’on attend justement d’un tel service, c’est de rester accessible. Je n’ai jamais utilisé vb.ly. Mais l’acte de censure arbitraire me dérange au plus haut point.

2. La morale. Je boycotte tous les produits en provenance de certains pays, par conviction politique. Je ne pouvais pas justifier cela si je continuais à utiliser bit.ly, surtout en regard des événements récents.

3. L’exemple. Les élèves ne sont pas dupes. Si vous arrivez en classe avec une URL en .ly, vous risquez fort de devoir expliquer pourquoi vous utilisez une adresse libyenne pour vos cours. Ce qu’ils savent de la Lybie, c’est ce qu’ils lisent ces derniers temps dans le 20 Minutes. Donc quitte à débattre sur ce point, au moins le faire sur des choses plus importantes que l’utilisation d’un .ly.

Un autre facteur est aussi entré en compte: bit.ly étant très populaire, les adresses deviennent de plus en plus longues. Actuellement, l’équivalent dehttp://00.lc/s sur bit.ly est http://bit.ly/gbMhic. Quand on est limité à 140 caractères, ça compte.

L’idée m’est donc venue de créer mon propre service de raccourcisseur d’adresses.

 

Un précédent historique

Avec quelques amis, nous avons monté et exploité pendant 10 ans une petite société d’hébergement de sites web. Celle-ci m’a permis de très bien connaître ce secteur d’activité, tant d’un point de vue structurel, politique, technique que financier.
Or, il y a quelques années de cela, un client, actif dans le domaine du graphisme, m’avait demandé de lui réserver et héberger le nom de domaine 08.gs. C’était bien avant que Gandi.net ne propose la réservation d’autres noms que les .com/net/org. Je devais donc me débrouiller pour: réserver le nom, le payer et surtout faire inscrire mes serveurs DNS auprès de nic.gs, le registre officiel des noms en .gs.

J’ai commencé par chercher à quel pays pouvait bien correspondre le .gs en regardant ici: http://www.norid.no/domenenavnbaser/domreg.html. Il s’agit de South Georgia and the South Sandwich Islands. A l’époque, Wikipedia n’existait que de façon anecdotique. J’ai donc saisi un atlas… au moins pour savoir où cela se trouvait: entre l’Afrique du Sud et l’Argentine (http://00.lc/t).
J’ai donc dû écrire un courrier (postal!) au registre, lui demandant la réservation du nom de domaine, le payer par mandat postal, réécrire un autre courrier (toujours postal) pour demander l’ajout des mes serveurs de domaine dans leur base. Bref… c’était l’époque des pionniers!

Cherchant à créer mon propre raccourcisseur d’adresses, je me suis souvenu de cette anecdote. Je me suis donc mis en quête d’une extension qui accepte les noms de domaines de deux chiffres ou lettres, qui ne soit pas trop onéreuse et qui représente un régime politique qui  soit stable et plus ou moins démocratique.
Il faut savoir que pour les .ch, les noms de domaine à deux caractères sont réservés à l’administration fédérale, au cantons et… à l’Expo02…

Gandi.net, avec qui je travaille depuis 11 ou 12 ans, permet maintenant de réserver des noms avec 90 extensions différentes. J’ai donc cherché avec 00, 01, 02, 03,…. Déjà, les .gs coûtent 30$/an, et le 00 n’était pas libre; contrairement au .lc, qui ne coûte que 20$/an.
Je me renseigne donc: .lc signifie Saint Lucia in the Eastern Caribbean. Sainte-Lucie est encore une île, mais des Caraïbes, cette fois (capitale: Castries), appartenant au Commenwealth, et dont les langues sont le français et l’anglais. Enfin, le gouvernement est démocratique. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Lucie). C’est tout bon! Et à défaut d’avoir les moyens de me payer une île dans les Caraïbes, ou même simplement des vacances, je posséderai une parcelle d’île virtuelle! Je réserve donc 00.lc… et doit me battre quelques jours pour réussir à faire enregistrer les serveurs DNS de mon hébergeur auprès du registre .lc.

 

Un peu de technique 

Je possède le nom de domaine adéquat. Je possède l’hébergement. Il reste à trouver comment faire un raccourcisseur d’URL. Je n’ai ni le temps ni les compétences pour en développer un à partir de zéro. J’ai donc fait ce que je fais le mieux: je pompe.

Je me suis mis en quête de scripts php/MySQL de raccourciseurs d’URL. J’en ai trouvé quelques uns. J’ai donc téléchargé et ai installé ces scripts sur mon site de test de scripts et autres trucs bizarres: geekguru.net. J’ai testé les scripts les plus prometteurs: http://www.geekguru.net/url1/http://www.geekguru.net/url2/http://www.geekguru.net/url3/http://www.geekguru.net/url4/, et suis arrivé à la conclusion que celui qui correspondait le plus à mes besoins (simplicité, ergonomie, flexibilité) était Yourls. C’est donc la solution que j’ai adoptée, d’autant plus qu’elle est opensource.
Cela m’a aussi permis de faire un petit clin d’oeil, puisque c’était aussi le script qu’avait adopté vb.ly, dont la censure est partiellement à l’origine de mon projet.

Me voici donc à installer Yourls sur 00.lc, à le modifier très légèrement d’un point de vue esthétique, mais surtout à ajouter une version française, avec une auto-détection de la langue du navigateur. La version française est indispensable si on veut utiliser 00.lc avec des élèves.

L’installation a été dès plus simples. La mise en place de la traduction a nécessité quelques bidouilles dans le cambouis, mais cela s’est fait sans difficultés. Il me reste surtout maintenant à mettre en place une interface un peu plus léchée; mais ce n’est pas une priorité.

Actuellement, 00.lc est utilisé par quelques collègues, dont le nombre grandit. Je surveille régulièrement les adresses générées et garantis un usage sûr pour les élèves et l’éducation.

Conclusion
Voilà comment s’est mis en place le projet 00.lc: un constat, une recherche de solutions alternatives, un choix de solution opensource et comme résultat un site gratuit et sans publicité, ouvert à tous.
{lang: 'fr'}
jan 192011
 

A l’école, il existe un appareil que je hais: le rétroprojecteur. Non seulement c’est le genre d’appareil à même de tuer toute motivation auprès des élèves, mais surtout, c’est probablement le pire instrument pédagogique qui soit. En effet

- L’enseignant est contraint à regarder une vitre trop brillante, qui fatigue les yeux

- L’enseignant doit écrire debout, chose que je déteste particulièrement

- La luminosité inégale (sombre dans les bords) rend son utilisation pénible

- L’écran est souvent ridiculement petit, en particulier pour les élèves en fond de classe

- Sa faible luminosité oblige à travailler avec les stores clos et les lumière éteintes

Ce dernier point est sans doute le pire. En règle général, quand un enseignant travaille au rétroprojecteur, les élèves doivent souvent suivre et/ou recopier dans leur cahier. Mais l’usage du rétroprojecteur impose ainsi le travail dans une pénombre qui fatigue les yeux et qui donne une envie de somnoler. J’en ai pour preuve mes trois ans de gymnase, avec toujours des fatigues oculaires (et je n’avais pas d’ordinateur, à l’époque).

Le rétro, c’est le Mal de l’enseignement!

Heureusement est arrivé le vidéoprojecteur. Ah, bien lui, il ne permet plus d’écrire directement à la main. Par contre, il est souvent plus lumineux et il permet de projeter sur des écrans plus grand. Mais une fois encore, il faut travailler dans la pénombre… Merci le progrès!

Et puis, j’ai découvert ça:


Le vidéoprojecteur à LED CASIO XJA-145
Les caractéristiques des LED sont alléchantes pour un usage scolaire:
- Durée de vie de la lampe: 20’000 heure!- Même prix qu’un beamer conventionnel- Allumage et extinction quasi immédiat, sans préchauffage ou refroidissement- Taille et poids réduit
Mais surtout… QUELLE IMAGE! QUELLE LUMINOSITE! Avec ce beamer, je peux travailler en classe, les lumière allumées et les stores ouverts. L’image reste parfaitement claire, lisible et contrastée! Le rendu des couleurs est très bon, même lorsque la pièce n’est pas sombre. Enfin fini, ces corvées de cours dans la pénombre, les stores baissés en plein été alors qu’il fait grand beau dehors! Je l’ai mis en parallèle d’un projecteur conventionnel de puissance équivalente: il n’y a pas photo: le projecteur conventionnel est SOMBRE à côté!
J’en suis tellement convaincu que je viens d’en commander trois pour mon école.

{lang: 'fr'}
nov 212010
 

L’introduction des technologies modernes dans l’enseignement ne se fait pas sans quelques problèmes. Parmi ceux-ci, je constate que l’enseignant qui veut utiliser des moyens multimédias dans ses cours se transforme vite en un âne bâté… au premier sens du terme (n’allez pas croire que je médis sur mes collègues!). Pour rappel, un âne bâté est un âne qui porte un bât, c’est à dire un support sur lequel on place la charge que doit porter l’âne.

Dans beaucoup d’écoles (et dans la mienne), beaucoup de classes ne sont pas équipées en beamer et matériel de sonorisation. Je vous dresse donc le tableau de votre serviteur, quand, bravement, il a décidé d’intégrer les MITIC dans son enseignement:

Imaginez un prof, ombrageux et au cheveu rare. Collez-lui un lourd sac, dans lequel se trouve un ordinateur portable, un chargeur, une pile de livres, classeurs et autre matériel traditionnel de l’enseignant (sauf des stylos… il n’y jamais de stylos).

Ajoutez un autre sac avec le beamer, puis une bobine de fil électrique ou une rallonge avec multiprises, un carton avec des haut-parleurs amplifiés, quelques dizaines de mètres de câbles en tous genres et trouvez le moyen de faire tenir encore une ou deux piles de photocopies.

Voici l’étrange silhouette, voûtée, ahanante, que vous risquez de croiser dans les couloirs d’une école.

Le problème a été en partie résolu avec l’utilisation d’une caisse sur roulette, qui se tire comme une valise, elle-même sur roulette. Cette caisse, d’un poids non-négligeable, puisqu’elle contient une grande partie du matériel listé ci-dessus, se trouve devenir un véritable fardeau, dans la mesure où bien peu de bâtiments scolaires sont équipés d’ascenseurs.

S’il n’y avait que ce problème, cela ne serait guère grave. Après tout, les enseignants ont suffisamment de vacances pour passer quelques semaines par an en rééducation pour des problèmes de dos. Non. Le vrai problème provient du temps perdu.

A votre avis, combien de temps faut-il pour:

  • Dérouler et bracher la rallonge électrique
  • Sortir, allumer, brancher l’ordinateur
  • Sortir, installer et brancher le beamer, avant de le câbler à l’ordinateur
  • Sortir, installer et brancher les hauts-parleurs

J’y arrive, avec beaucoup d’entrainement, en à peu près 5 minutes. Mais pour un enseignant qui n’est pas spécialiste en MITIC, il faut compter près de 10 minutes. Sans compter les éventuels (mais fréquents) problèmes à résoudre.

Ensuite, il faut démonter le matériel, après avoir attendu près de 5 min que le beamer refroidisse. Sachant que dans mon établissement, nous n’avons que 5 min d’inter-cours, tout le temps excédentaire empiète sur le temps d’enseignement.

Demain, j’ai rendez-vous avec des spécialistes pour équiper trois nouvelles salles en beamers fixes (bien sûr, pas celle où j’enseigne le plus), plus équiper une salle avec une tablette interactive.

Dans mon canton, aujourd’hui, l’inégalité entre les établissements scolaires ne se joue plus sur la dotation en ordinateurs, mais en équipements MITIC (beamers, tablettes interactives, caméras, appareils de photo,…).

{lang: 'fr'}
août 302010
 

Il y a un peu plus d’un mois de cela, j’ai perdu un fidèle compagnon, qui a été de toutes les galères: mon couteau suisse. mais pas n’importe quel couteau! Un Cybertool 34! Digne héritier de MacGyver, élevé au bout de scotch et au couteau suisse, mon Cybertool me sauvait la vie chaque jour, le monde au moins de fois par semaine et les ordinateurs de l’école et des collègues sans arrêt. Sans lui, autant dire que je suis nu.

Bon, je dois avouer que pour un couteau qui a une garantie « sans limite dans le temps », c’était mon troisième! Le premier, j’ignore ce qu’il en est advenu. Le second a malencontreusement passé dans le sèche-linge un peu chaud, ce que les plastiques n’ont pas appréciés. Le troisième, et bien est porté disparu corps et âmes.

Je viens de passer un bon mois d’enfer, entre la préparation de la rentrée informatique, la pose des câbles de réseau, le déballage des nouveaux iMacs de l’école, la maçonnerie/plomberie/électricité du salon de toilettage et surtout un nombre incalculables de grillades et barbecues sans mon couteau.

Etant à bout de nerfs, épuisé à force de trimbaler toute la journée un assortiment complet de tournevis, clés et autres outils sur le dos, j’ai craqué, sachant qu’une fois mon quatrième Cybertool acheté, le troisième réapparaîtrait miraculeusement (la loi de Murphy… vous connaissez, hein? Elle s’applique bien à moi). Mais cette fois, j’ai opté pour trois changements majeurs:

1. Mon nouveau Cybertool est rouge et plus bleu… risque de le retrouver plus facilement.

2. J’ai fait graver mon prénom et mon nom dessus… ça dissuade les vols et permet de le restituer en cas de perte.

3. J’ai pris le modèle en-dessus: le Cybertool 41, équipé d’une scie (les trois fois où j’en ai eu besoin, elle m’a manqué) et d’une lime (pratique pour l’ajustage des prises électriques).

8806191333406_1_7775_T_Bild2_3516_eps
Evidemment… je travaille pour un employeur qui m’oblige à payer de ma poche l’ordinateur que j’utilise au travail et qui est nécessaire… il y a donc peu de chance qu’il me rembourse mon couteau… mais cela fait 10 ans que j’utilise des Cybertools, presque quotidiennement. C’est juste un outils dont je ne peux pas me passer.

Bref, j’ai surtout réussi à rédiger une trop rare note sur ce blog avec 223.5 gr de technologie suisse. Et je ne nie pas que les outils les plus utilisés sur mon couteau sont de décapsuleur et le tire-bouchon!

{lang: 'fr'}