ils et elle

ils disent “ne prends pas ce train”
elle dit “ça ne serait pas raisonnable”.
elle part pour la gare
ils disent “si tu rates le train, tu sais où dormir”
elle dit “je suis dans le train il part dans 23 minutes. Pas beaucoup de chance que je le rate”.
ils répondent ” sors sors, la clepsydre!”
elle se marre et le train démarre.




tu veux du perso? en vla du perso.

Les Allemands ont une expression, Freundschaft tanken. Littéralement remplir son réservoir (d’essence) avec de l’amitié.
J’ai rien fait d’autre ce WE.




Plouf

Discussion hier sur le bord du bassin extérieur (il m’a bien fallu un kil pour me réchauffer, après).
Marrant de trouver dans la bouche de Jo les mots que j’ai répété pendant des années… “tu nages dimanche, on se fait un 50 4nages départ dans l’eau avec Alex et Fab?” et lui qui dit que non, qu’il n’a pas mis un orteil dans la flotte depuis un an, pas de tri(athlon) non plus. Que le feu sacré n’est vraiment plus là, l’année prochaine peut-être?
Ouais, l’année prochaine, peut-être.
En attendant t’achètes une maison, tu te maries t’as une pitchoune, ta vie ressemble de plus en plus au truc dont tu rêvais quand tu étais mome et tu coches les cases comme si ton bonheur en dépendait.
Et moi je vois ça de très loin, reste pensive sur la modification de ta silhouette et les envies qui te traversent, encore et toujours. Sur les projets que malgré ton bonheur apparent tu ne renonces pas à concrétiser. Admire ton envie de plus, mieux, encore. Ta façon de te remettre en cause tout le temps. Ta liberté sous ses dehors conventionnels.


[Milow - in the eighties]




La belle vie, Jay McInerney, Points.
La route semblait devenir de plus en plus étroite, jusqu’à menacer de se dissoudre dans l’ancienne sente de chasse qui en avait dicté le cours sinueux. Envahie par une verdure rampante qui s’insinuait sous elle et la recouvrait en partie, bordée d’un côté par un ruisseau et de l’autre par un mur de pierre effrité qui s’éboulait et se reconstruisait sur le passage de la Range Rover de Luke, elle était entamée à intervalles réguliers par une allée privée -flash lumineux de bardeaux blancs et de carreaux de fenêtre se découpant dans le lourd rideaux de feuillage. Il foncait pour arriver à l’heure à leur rendez-vous; comme toujours, Sasha avait été incapable de quitter l’appartement au moment prévu et ils avaient été pris dans les bouchons précoces de l’heure de points sur la 95; lorsqu’ils avaient emprunté la sortie New Canaan, il ne leur restait plus que vingt minutes, et à présent, ils étaient sur un sentiers de cerfs, suspendus dans une ombre verte, dont, semblait-il, ils n’émergeraient peut-être jamais.

Je crois que c’était le premier roman de Jay McInerney que je lisais. En tout cas, c’est sans doute le dernier, tant ses personnages m’ont énervée. Je les aurais flingué à toutes les pages, sans définir si ce qu’il décrivait avait une once de plausibilité ou de fantaisie. Apparemment l’aversion que j’ai pour eux n’est pas supérieure à celle que j’ai pour l’abandon d’un livre en cours de lecture, mais ca a rarement été aussi proche. Comme du Bret Easton Ellis (et c’est pas du tout un compliment dans ma bouche.) Pouah, comme dirait mon neveu.




Le dernier des Weynfeldt, Martin Suter, Points.
Les hommes qui portaient des chevalières ne se prenaient pas pour n’importe qui. Ils parlaient plus vite que les autres et jouaient de cette arrogance bien éduquée qui tapait tellement sur les nerfs de Lorena. La plupart arboraient des blasons familiaux que leurs pères ou leurs grands-pères, dans le meilleur des cas, avaient chargé des héraldistes de chercher dans leurs archives ou dans leur imagination. Mais ils portaient ces insignes comme s’ils étaient les descendants d’une antique lignée dont le privilège avait toujours été de se déniaiser avec de jeunes filles de basse extraction. Les hommes à chevalières étaient des fils à papa. Généreux quand ils te lèvent, radins quand ils veulent se séparer de toi.
Weynfeldt portait une chevalière. Lorena savait donc dans quoi elle s’engageait.

En théorie, j’aime beaucoup Martin Suter, en règle générale. J’ai d’ailleurs souvent prêté son “un ami parfait”. Là j’ai été décue, parce que non seulement son histoire n’est pas plausible (elles ne le sont jamais) mais en plus elle est cousue de fil blanc. Par contre, les extraits comme celui cité plus haut, qui me font marrer, sauvent le livre. Et il y en a quelques uns. Ca reste pas son meilleur cru, mais ca se laisse lire, surtout que pour une fois, on ne sent pas les lourdeurs de la traduction (traduit de l’allemand, enfin, du suisse allemand).
Pas un bouquin au top, mais une valeur sûre.




La route, Cormac McCarthy, ed. Points.
Il apercevait un vide entre les arbres et il pensait que c’était un fossé ou une tranchée et ils traversèrent les herbes et débouchèrent sur une ancienne piste. Des plaques de bitumes fissurées visibles à travers les tas de cendre. Il poussa le petit pour qu’il se baisse et ils restèrent accroupis au pied du remblai, l’oreille tendue, hors d’haleine. Ils entendaient le moteur diesel là-bas sur la route, alimenté avec Dieu sait quoi. Quand il se redressa pour regarder il ne vit que le haut du camion qui avançait le long de la route. Des types debout sur le plateau, quelques uns avec des fusils. Le camion passa et la fumée noire du diesel monta en volutes entre les arbres. À en juger par le bruit, le moteur était mal en point. Hoquetant et crachant. Puis il lâcha.

Prix Pulitzer pour ce roman de 2007. Une histoire qui prend aux tripes: celle d’un homme et de son fils qui suivent une hypothétique route vers le sud pour fuir l’hiver. C’est un roman d’anticipation: le monde dans lequel ils se déplacent est un monde dévasté, recouvert de cendres et dont le ciel est obscurci. Ils vivent de ce qu’ils trouvent dans les ruines, se cachant des autres survivants.
C’est très bien écrit, très sobre et factuel. Pas de réflexion métaphysique, pas de dénonciation virulente.
Le seul reproche que je ferais à ce livre, du moins dans cette édition, c’est que les épreuves n’ont manifestement pas été relues. Il reste des erreurs typographiques dans toutes les doubles pages. Espace en trop, mauvaises césures, etc.
En même temps ça rend la lecture moins oppressante en distrayant l’attention, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose car certaines scènes sont insoutenables. Âmes encore plus sensibles que la mienne, s’abstenir.




Un homme sans tête, Etgar Keret, ed. Babel
Comme un bébé
Le jour de ses vingt-neuf ans, une brise agréable soufflait de la mer, il le savait. Il était loin de la mer parce qu’elle détestait l’eau et le sable, et pourtant il le savait. Il y a toujours de la brise sur l’eau. Ils rentraient en taxi à la maison et, pendant tout le trajet, il avait tenu sur ses genoux un carton d’emballage du grand magasin Hamashbir. Dans la boîte se trouvait le cadeau le plus grand qu’il eût jamais reçu. Pas le plus beau, mais le plus grand sûrement. Et pendant tout le trajet, il l’avait serrée dans ses bras, embrassée sur la joue, sur la poitrine, étonné à chaque baiser qu’elle ne fût pas gênée. Quand il eut payé la course, le chauffeur, un homme disgracieux, lui dit que jamais il n’avait vu de couple aussi bien assorti. Il sillonnait les routes, tournoyait autour de Tel-Aviv et de sa périphérie comme un aigle au-dessus d’une tombe fraichement creusée, mais jamais il n’avait vu pareil couple. A l’instant même où le chauffeur prononçait ses mots, il sentit une chaleur dans son corps. Cette chaleur latente, prête à se répandre uniquement dans les rares moments où une grande vérité surgit dans l’espace. Plus tard au lit, quand il lui raconta ce qu’il avait ressenti, elle lui rétorqua que s’il avait besoin d’être soutenu et encouragé par un chauffeur de taxi boutonneux qui ne savait même pas garder sa droite, c’était signe que leur amour était à bout de souffle. Et lui, étendu tout contre elle, dit qu’elle avait un cœur agréable et qu’il aimait ce cœur. Elle versa des larmes comme une princesse et dit qu’elle désirait être aimée toute entière, et pas seulement tel ou tel organe. Ils avaient les yeux fermés maintenant, et la brise de mer rafraîchit son visage tandis qu’il s’endormait auprès d’elle, se berçant tout seul comme un enfant, comme un bébé.

Un homme sans tête est le deuxième recueil de nouvelles d’Etgar Keret que je lis, après crise d’asthme que j’avais beaucoup aimé. L’auteur est israélien, et toutes ces histoires se situent dans ce pays. Cependant, rien ne transparait des opinions politiques ou de la situation du pays dans ses écrits, ce que je trouve vraiment très bien fait.
Les histoires sont toutes à l’image de celle que j’ai recopié plus haut. Des situations classiques, banales, avec un petit zeste de fantaisie ou de fantastique qui donne son piquant à la situation et me pousse à me poser des questions. Les nouvelles sont courtes mais les questions qu’elles posent occupent mes réflexions pendant le double du temps de la lecture. En résumé, j’aime beaucoup, même si je ne lirai pas ca tous les jours, car un certain désespoir sous-tend pratiquement toutes les séquences, rendant la lectrice que je suis parfois un peu perplexe.




Vous revoir, Marc Levy, Robert Laffont.
Arthur hésita avant de répondre. Il profitait de ce qu’elle était concentrée sur sa feuille pour la regarder, silencieux et attentif. Lauren n’avait pas changé, à part la coiffure peut-être. La petite cicatrice qu’il avait tant aimée sur son front avait presque disparu. Et toujours ce même regard, indescriptible et fier. Il reconnaissait chaque expression de son visagecomme le mouvement de l’arc de Cupidon, sous son nez, quand elle parlait. La beauté de son sourire le ramenait aux souvenirs heureux.

Voilà, c’est ca, Marc Levy. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C’est du Harlequin version XXIième siècle. Sauf qu’il y a toujours à peine de fantastique (qui n’influe jamais sur le résultat final, où ils se marient et ont de nombreux enfants). C’est un bouquin idéal pour une après midi ensoleillée entrecoupée de coups de fil, de visites et de jardinage.




Baptiste, Vincent Borel, ed Sabine Wespieser.
Il fut aussi beaucoup question de perruques ce soir-là. Hors scène, puis sur scène. Jamais l’on n’en avait tant vu. En ce début de règne, elles faisaient fureur. Si j’en avais inventé les joies illicites avec mes brigands de la braguette, ce fut le marquis de Montauzier qui, du temps de feu Louis XIII, mit le premier la perruque à la mode. On avait trépané le pauvre homme qui cacha ainsi le vilain trou à la tête qui lui était resté.
L’artifice arrangeait aussi qui commençait à se dégarnir, vrai désastre en ces temps où, comme le biblique Samson, la virilité de l’homme se jugeait à l’ampleur de sa crinière. Les postiches furent d’abord dits à fenêtres car l’on glissait, par des trous pratiqués dans la perruque, le restant de ses authentiques cheveux. Puis l’on rasa en bloc, s’arrachant à prix d’or les tignasses des pendus et celles des pauvresses. Les nantis voulaient avoir d’aussi beaux cheveux que le roi, qui pour l’instant les portait au naturel, d’un très beau châtain clair.

Ce livre ce sont les mémoires apocryphes de Lully. (ou de Giambatista Lulli, ou de Monsieur de Lully). C’est très bien écrit, et l’auteur y dépeint surtout les milieux homosexuels de l’époque. Etrange coïncidence, j’ai découvert il y a quelques jours que c’est le sujet de thèse de mon compagnon de RER. Et donc, j’ai eu une introduction à la lecture du bouquin, qui ne s’est pas révélée inutile. Le souci avec ce genre de livre, c’est que je crains toujours que l’auteur ne voie que ce qu’il veut voir (ici les réseaux d’influence homosexuelle à la Cour du roi Louis XIV). Si le livre est officiellement un roman, l’auteur n’a pas de souci d’historien, et mon vieux fond scientifique s’insurge contre ce procédé, j’ai du coup 1. beaucoup de mal à ne pas questionner chaque phrase et 2. besoin d’en savoir plus.
Dans ces cas-là, on ne peut pas dire que la lecture soit un moment de détente, même si j’ai beaucoup apprécié.




Et toi, tu faisais quoi?

Pan dans lagl, c’est un peu ce qui m’est arrivé hier, quand, en discutant, je me suis rendue compte qu’avant, je nageais.
Où faisais-je mes devoirs? Sur les bords du bassin. Où passais-je mes week-end? Dans l’eau. Où allais-je après l’école/le collège/le lycée? …
Ca ne m’a pas pesé, ca ne me pèse toujours pas, d’ailleurs. Ca faisait partie de mon équilibre, et aujourd’hui, à nouveau, j’ai plaisir à être dans l’eau (ya un an j’aurais jamais pensé pouvoir écrire cette phrase)
Sauf qu’aujourd’hui je m’amuse à sauver un mannequin jaune ou à tenter de réussir à égaler mon record en apnée (je fais aujourd’hui 37,5m, alors qu’avant c’était 50, mais au début de l’année, c’était 25m).
Et je constate avec étonnement que les personnes qui m’étaient le plus proches, à cette époque, et avec qui j’ai encore des contacts, sont restés attachés à une activité physique régulière.
Sur 4, deux sont profs d’EPS, et entrainent encore au club, l’un est entraineur et membre du comité départemental, et le 4ième nage encore quotidiennement (enfin, quand il est pas en galante compagnie.)
Des autres dont j’ai des nouvelles sans pour autant boire des bières avec eux, je sais que deux sont kinés (spécialistes de…) l’autre directeur d’un Décath*lon. Finalement, du groupe compétition, nous ne sommes que deux à avoir vraiment coupé avec le sport. Moi pendant 10 ans avant de reprendre, et S qui elle a continué à nager en loisir longtemps avant de se consacrer à son taf.
Tout ca pour dire que nager, c’est bien, mais que manifestement, au bout d’un moment, le chlore, ca rend dépendant.




La citation du moment

La meilleure facon de réaliser ses rêves, c'est de se réveiller.

Paul Valéry.

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  • rha la pub gmail "salariés, devenez vite bilingue en allemand" et mes fesses, c'est un chicken mac donald's ou quoi? 1 week ago
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