Tout cela est-il bien raisonnable?

Les brumes de mon cerveau ne sont plus coopératives

 

Une année étrangère, Brigitte Giraud, édition Stock.

J’ai parcouru tous ces kilomètres pour me perdre, sans doute, mais peut-être aussi pour me trouver, pour me débarrasser de la fille que je suis devenue, sauvage et transparente, vulnérable et imprévisible, une fille toute en contradiction, quelqu’un qui s’effiloche, incapable de désirer et de choisir. Je voudrais en finir avec celle qui est allée jusqu’à renoncer à sa langue pour que la métamorphose ait lieu, celle qui a dû se débarrasser de son passé, réinventant la profession de ses parents, mentant sur la ville d’où elle vient, ne mentionnant jamais ses frères, ni le vivant ni le mort. Je voudrais, à présent que je rêve toutes les nuits en allemand, à présent que la greffe a pris, que je suis devenue un personnage hybride, à présent que je me suis immergée dans une culture étrangère, pour ne pas dire noyée, je voudrais être capable de retrouver le français, la langue que je parle au téléphone avec ma mère, celle dans laquelle écrit Simon, celle qui me liait à Léo. Je voudrais enfin être capable de secouer mes mauvais rêves, de me défaire des mots allemands qui agissent comme des cataplasmes, curieuses bandelettes qui prouvent à quel point je ne suis plus qu’une momie. Il est temps que je retrouve la fille que je suis, non pas celle d’avant, avec toutes ses attentes, mais une fille qui n’a pas peur de ce qu’elle ressent, une fille qui cesserait de fuir et qui supporterait le regard des autres. Une grande soeur qui oserait enfin pleurer.

Publié dans : Sprachchaos, book (hein?), culture et cyanure, nationalité:indéterminée.
par frédérique
Le 24 avril 2010
À 17:35
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Sunday is postcard day

J’ai de plus en plus de mal à me lever le matin. J’en serais presque au retard au travail.
La fatigue me tient. La lassitude, aussi.
Je sais que c’est juste un manque de magnesium, comme tous les ans, mais d’habitude, le craquage arrive plus tard, en fin d’hiver.
Vous vous rendez compte qu’on n’est qu’au début de l’hiver? Théoriquement il y aurait encore plein d’occasions d’aller prendre l’air, de voir le blanc, de respirer, de faire du ski-bar.

Sauf que les journées s’enchaînent sans que je fasse quoi que ce soit pour moi. Ou du moins sans que je me force à faire quelque chose de rébarbatif uniquement pour moi. J’ai juste l’impression de me laisser couler alors qu’en apparence, pas du tout. Je sors, je recois, je prévois des trucs, je lis deux livres en même temps (pourtant j’aime pas, mais c’est en deux langues, et je ne peux pas lire en allemand le soir, je décroche trop vite et après les pensées virevoltent au lieu de se calmer), je vais au théâtre, je me balade, je fais les soldes. J’ai de la compagnie, sans parler d’un nous (mais je tiens pas à parler d’un nous, le nous ca me gonfle, Vierbeiner attitude).

Je sais pas, mais 2010 commence beaucoup plus doucement que 2009 n’a fini, et ca me réjouit pas des masses.
Ptêt que finalement, moi aussi, la raisonnablitude me gagne.

Publié dans : Sprachchaos, sirupeux
par frédérique
Le 17 janvier 2010
À 22:57
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You know what?/Weißt Du was?/ Tu sais quoi?

I am happy. But this does not mean that I do not miss you.
Ich bin glücklich. Aber das bedeutet nicht, dass ich Dich nicht vermisse.
Je suis heureuse. Mais ça ne veut pas dire que tu ne me manques pas.

C’est quand même étrange qu’en Français, le sujet soit la seconde personne du singulier, alors que c’est la première personne qui ressent les émotions. De l’autre, on ne sait rien, en fait.

Publié dans : Sprachchaos, nationalité:indéterminée.
par frédérique
Le 7 octobre 2009
À 10:57
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Gib mir mein Herz zurück

Une ombre dans ton regard
ton sourire est artificiel
tes pensées ne m’accompagnent plus
tu me caresses mécaniquement
c’est complètement vide
tes mains froides, j’en ai les cheveux qui grisonnent

je me sens vide et usé
tout me fait mal
j’ai des avions dans le ventre
je ne peux rien manger
je peux t’oublier
ca je pourrais peut-être y arriver

rends moi mon cœur
tu n’as pas besoin de mon amour
avant que tout ne s’écroule
le plus tôt tu t’en iras
plus ce sera facile pour moi

je n’ai besoin de personne pour me torturer
personne pour m’oppresser
personne pour ne m’utiliser que quand il en a besoin
personne qui ne me parle que parce qu’il se sent obligé de le faire
personne qui nourrit son arrogance à mon sein

personne qui ne soit jamais là
quand on en a le plus besoin
quand on peine à trouver l’air nécessaire à respirer, quand on ne peut pas nager sans eau
laisse moi partir, laisse moi en paix
pour que tout ca soit fini

C’est une traduction super poussive, mais les plus germanophones d’entre vous auront reconnu Herbert Grönemeyer et ses avions dans le ventre.

[Herbert Groenemeyer - Flugzeuge im Bauch]

Je me faisais la réflexion hier devant une énooooooooorme coupe de glace (raimo, je recommande aux parisiens qui n’ont pas peur de vider leur porte monnaie, la glace au caramel beurre salé est une tuerie) que finalement, ouais, en allemand, ya des trucs qui sonnent beaucoup mieux qu’en francais.
Ca me fait cet effet là quand l’assemblée est polyglotte (ou quand j’ai mon traducteur fred-reste du monde). Je suis en plein milieu d’une conversation sérieuse, où je me concentre plus sur le fond que sur la forme et hop, un mot se glisse (j’allais écrire “rutsche”) dans la conversation.
Ca fait déjà un petit moment que j’ai remarqué ce phénomène qui prend des proportions de plus en plus importantes (et je dirais même inquiétantes) dès que je relâche mon attention. Je me demande si c’est mon cerveau qui vieillit et qui n’arrive plus à mettre les 3 langues que je parle quotidiennement dans des cases séparées (je “switche” toute la journée au travail) ou bien si c’est parce que, maitrisant de mieux en mieux ces langues, d’instinct mon cerveau choisit celle qui est le plus adaptée à l’idée que je veux exprimer.
Une chose est sûre, mes structures grammaticales à l’écrit continuent à être imprégnées par l’Allemand à un point qui en devient gênant, et il faut que je me (re)mette à travailler ce point si je veux progresser.

[Je suis fatiguée en ce moment, et le sprachchaos est redoutable.]

Publié dans : Sprachchaos, windmills of my mind
par frédérique
Le 22 août 2009
À 9:57
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questions qui restent sans réponse

-pourquoi on se voit si peu souvent?
-pourquoi les places en terrasses au starbucks sont aussi rares?
-pourquoi j’avais pas vu que les trains étaient remplacés par des bus?
-pourquoi le super bon vin est cher?
-pourquoi 15 minutes en off avec le big big big boss (n+8 chez le DO) ont immédiatement déclenché ce que je réclamais en vain depuis 2 mois (et 2 fois par jour?)
-pourquoi quand j’envoie des documents de candidature en allemand et en francais on me répond en anglais?
-pourquoi le vol CDG-DUS de 20h50 ne vole pas samedi?

Publié dans : Sprachchaos, sirupeux, windmills of my mind
par frédérique
Le 9 avril 2009
À 8:38
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Voices in the dark

Ce qui est incroyable dans mon travail, c’est le décalage entre la voix des gens et leur réalité physique. Je parle toute la journée avec des gens dont je ne sais rien: Des clients je connais leur adresse et leur date de naissance, mais c’est tout. On m’appelle indifféremment madame ou mademoiselle, et moi, sauf mention contraire, j’appelle madame les femmes que j’ai au téléphone. Et évidemment, je leur invente des vies, à mes clients, grâce à leur voix et à leurs habitudes de voyage, aussi, un peu.
Et puis il y a les conseillers de la hotline, ceux qu’on appelle quand on est dans la m.., ou quand l’opération qui doit être effectuée demande des autorisations spéciales. Ces gens là on leur cause entre 3 et 20 fois par jour. Et forcément, eux aussi, on se les imagine (je dis on parce que j’en ai parlé à mes collègues, c’est pareil pour eux).
Sauf qu’en fait, de temps en temps, à la cantine ou lors d’une excursion dans les autres étages, on les rencontre. Et là, c’est le drame. Untel qui est hyper pédagogue, avec une voix douce et pleine de patience, en vrai c’est une petite boule de nerfs qui tire sur sa clope comme un malade quand on le croise sur la terrasse. La damoiselle qui a un accent du 16ième est en fait une rebeu à dreadlocks.
On ne peut vraiment se fier à rien.

Publié dans : Sprachchaos, billet entièrement non sponsorisé, windmills of my mind
par frédérique
Le 3 juillet 2008
À 9:55
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Le saviez-vous?

En allemand, l’equivalent de ça me fait chi*r ou de ça me gonfle, c’est “es kotzt mich an”: Ça me vomit (dessus).

C’était vraiment très intéressant (et je vais me coucher)

Publié dans : Sprachchaos
par frédérique
Le 9 avril 2008
À 22:32
Commentaires :1
 
 

anosmie, n.f.

anosmie, n.f.: diminution ou perte complète de l’odorat.
[source: petit Robert]

exemple: l’anosmie a été fatale au petit bob.
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[Pour les besoins de ce post, un petit Bob de 1973 est malheureusement décédé. Paix à son âme.]

Publié dans : Sprachchaos
par frédérique
Le 7 avril 2008
À 17:05
Commentaires : 11
 
 

réflexion linguistique du dimanche soir

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je me demande pourquoi
elle me manque, mais ich vermisse sie et i miss her.

Hein pourquoi? Et comment on dit dans les autres langues?

[Illustration: un pied de myosotis, lui aussi un joli objet linguistique et accessoirement fleur préférée de l’auteur de ce bloug.]

Publié dans : Sprachchaos
par frédérique
Le 6 avril 2008
À 20:57
Commentaires : 3