Mi fraise, mi cacao
j’ai longtemps cru ne pas avoir d’amis d’enfance. Mais…
je ressens sa tendresse à travers ses mots, et sa tristesse à l’idée de ne pas pouvoir passer alors même qu’on est, pour une fois, en même temps dans le même pays. On se connait depuis 20 ans.
il me parle de son désir d’enfant, pas partagé par sa femme. On admire les nains de jardin ensemble depuis 29 ans.
Ils écoutent mes emportements, soutiennent mes envies, rient avec moi, n’y vont pas par 4 chemins quand je dévie, viennent me chercher à l’aéroport quand il neige, s’invitent à la maison quand ils veulent.
Lentement, depuis que je sais qui je suis, ils reprennent leur place, celle qu’ils avaient intelligemment laissée à plus brillant, plus flamboyant qu’eux. Et je leur laisse, leur place, comme je laisse la place à ceux qui ont préféré s’éloigner, qui peuvent toujours revenir.
Il n’y a pas de trahison, pas de grands serments, juste une orbite qui s’éloigne, puis se rapproche, ou pas.
Demain aucun de ceux là ne sera là. Parce que la géographie, parce que les distances, parce qu’ils sont rois dans l’art de ne me faire ressentir aucune contrainte.
J’ai des amis formidables.
Et la bande son de cette soirée mi fraise mi cacao, c’est Love is the end, de Keane.
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